Depuis quelques années, la digitalisation touche aussi le monde de la copropriété. Face aux contraintes de déplacement, aux désaccords chroniques ou au manque de participation, de plus en plus de copropriétés envisagent l’organisation d’une Assemblée Générale en ligne. Ce mode de fonctionnement présente des avantages indéniables, mais aussi des limites. Est-il légal ? Quels sont les points de vigilance ? Peut-on réellement tout voter à distance ?
Les copropriétés peuvent désormais organiser leurs AG en ligne grâce à la loi ELAN de 2018, qui a officialisé cette possibilité. Cette alternative permet une participation plus large, notamment pour les copropriétaires vivant loin de l’immeuble. Un vote électronique peut être plus rapide et éviter les tensions qui surgissent souvent lors des réunions physiques. La transparence est également améliorée, puisque les échanges sont souvent enregistrés et archivés.
Cependant, certaines décisions nécessitent des discussions approfondies et peuvent être plus compliquées à gérer à distance. Les débats sont parfois moins fluides et il peut être difficile d’évaluer la sincérité des interventions. De plus, un vote en ligne doit garantir une sécurité totale pour éviter toute contestation ultérieure.
Le syndic joue un rôle central dans l’organisation d’une AG en ligne. Il doit s’assurer que la plateforme utilisée est conforme à la réglementation, avec un accès sécurisé pour chaque copropriétaire. Les convocations doivent préciser les modalités de connexion et garantir un moyen d’échanger en direct. Un point crucial à vérifier est la possibilité pour chaque participant d’exercer son droit de parole et de poser des questions en temps réel.
Certaines décisions ne peuvent pas être prises à distance si le règlement de copropriété ne l’autorise pas explicitement. Dans ce cas, une modification préalable du règlement peut être nécessaire. Un vote à distance ne doit pas être imposé, et chaque copropriétaire doit avoir la possibilité d’y participer ou de voter par d’autres moyens (procuration, vote par correspondance).
Pour éviter tout litige, il est recommandé d’envoyer une notification de participation bien en amont et de s’assurer que tous les copropriétaires ont bien reçu les codes d’accès et instructions détaillées. Un procès-verbal doit être rédigé immédiatement après la réunion et envoyé à l’ensemble des participants.
Modèle de lettre : demande d’organisation d’une AG en ligne
L’organisation d’une Assemblée Générale en ligne peut nécessiter une demande formelle auprès du syndic ou du Conseil Syndical si cela n’a jamais été fait auparavant. Voici un modèle de courrier pour demander l’inscription de cette question à l’ordre du jour de la prochaine AG :
📌 Télécharger le modèle de lettre pour demander une AG en ligne
L’Assemblée Générale en ligne est une solution moderne qui répond aux contraintes actuelles de disponibilité des copropriétaires. Elle permet une plus large participation et simplifie le processus de vote, mais elle doit être bien encadrée pour garantir sa légitimité. Avant de l’adopter définitivement, il est essentiel d’en débattre collectivement et d’adapter le règlement de copropriété si nécessaire.
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