Comment se protéger des malfaçons sur les travaux en copropriété ?

Comment se protéger des malfaçons sur les travaux en copropriété ?

Faire des travaux en copropriété est souvent un passage obligé pour entretenir et valoriser un immeuble. Mais lorsque des malfaçons apparaissent – fissures, infiltrations, défauts d’isolation – la situation peut rapidement tourner au cauchemar. Heureusement, plusieurs mécanismes permettent de se protéger et d’obtenir des réparations. Comment anticiper ces problèmes ? Quels recours existent si les travaux sont mal réalisés ?


Prévenir les malfaçons avant le début des travaux

Avant même le lancement d’un chantier, certaines précautions peuvent limiter le risque de malfaçons.

📌 Bien choisir l’entreprise

  • Vérifier que l’entreprise est inscrite au registre du commerce et dispose des certifications requises (RGE pour les travaux énergétiques, Qualibat pour la construction, etc.).
  • Consulter les références et avis clients d’autres copropriétés ayant fait appel à ses services.
  • Exiger une attestation d’assurance décennale pour garantir la couverture des travaux.

📌 Obtenir un devis détaillé et un contrat solide
Un devis vague peut être source de conflits. Il doit mentionner précisément :

  • La nature des travaux et les matériaux utilisés.
  • Les délais de réalisation avec des pénalités de retard.
  • Les garanties applicables et les assurances souscrites.

Un syndic rigoureux doit comparer plusieurs devis avant de soumettre une entreprise au vote de l’Assemblée Générale.


Quels recours en cas de malfaçons après travaux ?

Malgré toutes les précautions, il arrive que des malfaçons soient constatées après la fin du chantier. Plusieurs solutions existent pour obtenir réparation.

Émettre des réserves à la réception des travaux
Lors de la réception des travaux, le syndic ou le Conseil Syndical doit examiner le chantier avec l’entreprise. Si des défauts sont constatés, ils doivent être mentionnés dans un procès-verbal de réception avec réserves. L’entreprise est alors obligée de les corriger.

Faire jouer les garanties légales
La loi impose plusieurs garanties aux entreprises du bâtiment :

  • Garantie de parfait achèvement (1 an) : couvre tous les défauts signalés dans l’année suivant la réception.
  • Garantie biennale (2 ans) : protège les équipements dissociables (chauffage, volets, ascenseur…).
  • Garantie décennale (10 ans) : s’applique aux défauts mettant en péril la solidité du bâtiment (fissures, infiltrations).

Mettre en demeure l’entreprise
Si l’entreprise refuse de corriger les défauts, le syndic peut envoyer une mise en demeure en recommandé avec accusé de réception. Ce courrier officiel rappelle les obligations légales et fixe un délai d’exécution.

Engager une action en justice
Si aucune solution amiable n’aboutit, la copropriété peut saisir le tribunal judiciaire pour contraindre l’entreprise à effectuer les réparations ou à verser des dommages et intérêts.


Comment éviter les litiges liés aux malfaçons ?

💡 Faire appel à un maître d’œuvre ou un architecte pour superviser le chantier et assurer un suivi de qualité.
💡 Ne pas régler la totalité de la facture avant la réception des travaux : un acompte final peut être conservé en cas de défauts constatés.
💡 Demander une expertise indépendante en cas de doute, avant d’engager un recours judiciaire.


Les malfaçons peuvent générer des tensions et des frais imprévus pour les copropriétaires. Anticiper les risques dès la sélection de l’entreprise, suivre rigoureusement le chantier et réagir rapidement en cas de défauts sont essentiels pour protéger l’immeuble. Heureusement, les garanties légales offrent une protection efficace et permettent de faire valoir les droits de la copropriété.

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