Le règlement de copropriété fixe les droits et obligations des copropriétaires. Il définit l’usage des parties communes, la répartition des charges et les règles de vie dans l’immeuble. Mais avec le temps, certaines clauses deviennent obsolètes ou inadaptées aux besoins des résidents. Modifier ce règlement est possible, mais sous certaines conditions. Certaines modifications nécessitent l’accord de tous, tandis que d’autres peuvent être votées à la majorité lors d’une Assemblée Générale.
Unanimité ou majorité : quelles règles appliquer ?
Tous les changements ne requièrent pas le même niveau de consensus.
Les décisions qui affectent les droits fondamentaux des copropriétaires doivent être adoptées à l’unanimité. C’est le cas si l’on souhaite changer la destination de l’immeuble (par exemple, transformer un immeuble résidentiel en bureaux), modifier la répartition des charges ou supprimer une partie commune. Si un seul copropriétaire s’y oppose, la modification est bloquée.
D’autres modifications peuvent être décidées à la majorité absolue. Cela concerne par exemple la modification des règles d’usage des parties communes, l’encadrement des locations meublées de courte durée ou encore certaines obligations liées aux travaux de rénovation énergétique. Lorsque cette majorité n’est pas atteinte, un second vote peut être organisé avec un seuil réduit.
Enfin, certaines mises à jour du règlement nécessitent seulement une majorité simple des copropriétaires présents à l’Assemblée Générale. Il peut s’agir d’une adaptation aux évolutions législatives, d’une modification des règles d’entretien des parties communes ou d’un ajustement administratif imposé par la loi.
Comment faire modifier le règlement de copropriété ?
Pour qu’une modification soit adoptée, elle doit être inscrite à l’ordre du jour de l’Assemblée Générale. Cette demande peut être faite par un copropriétaire ou par le syndic. Le projet de modification doit être clairement rédigé et communiqué aux copropriétaires avant la réunion.
Lors du vote, la majorité requise dépend du type de changement. Si la modification est adoptée, elle doit parfois être enregistrée chez un notaire, notamment si elle touche aux tantièmes de charges ou à la destination de l’immeuble.
Si un copropriétaire estime que la modification est abusive ou irrégulière, il peut la contester en justice. Le recours doit être déposé devant le tribunal judiciaire dans un délai de deux mois après l’Assemblée Générale.
Ce que dit la loi
Les règles de modification du règlement sont encadrées par plusieurs textes législatifs.
- Loi du 10 juillet 1965 : fixe les différentes majorités nécessaires en fonction du type de modification.
- Décret du 17 mars 1967 : précise les formalités d’enregistrement et les obligations du syndic.
- Jurisprudence récente : clarifie certains points sur les contestations et les abus liés aux modifications de règlement.
Besoin d’un modèle de lettre ?
Pour demander officiellement la modification du règlement en AG, une lettre adressée au syndic est nécessaire. Voici un modèle à télécharger :
📌 Modèle de lettre : demande de modification du règlement de copropriété
Modifier un règlement : une démarche à anticiper
Changer un règlement de copropriété peut être une démarche longue et parfois complexe. Avant de lancer la procédure, mieux vaut échanger avec les autres copropriétaires pour anticiper d’éventuelles oppositions. Une bonne préparation et une communication claire permettent d’éviter les blocages lors du vote en Assemblée Générale.
📌 À lire aussi :
➡ Peut-on modifier un règlement de copropriété sans l’accord de tous ?
➡ Comment contester une décision d’assemblée générale en copropriété ?


